Sandra Dos Santos au pays du soleil levant

Il n’y a pas de parcours prédéfini dans le haut niveau et celui de Sandra Dos Santos en est la preuve. Formée dans les Vosges, elle a rapidement gravi tous les échelons pour arriver à intégrer l’équipe de France chez les juniors. Une mauvaise chute lui a ensuite posé des difficultés dans cette progression et une opportunité s’est offerte à elle. Le Japon… Etant de nature assez aventurière, Sandra Dos Santos a sauté sur l’occasion et a découvert une nouvelle culture, un nouveau cyclisme et un nouveau pays. Elle nous raconte ces deux années et la suite donnée à sa carrière au travers de cette interview.

Dans un premier, pourrais-tu te présenter et nous dire ce qui t’a amené au cyclisme ?

Je m’appelle Sandra dos Santos j’ai 24 ans, je suis née dans les Vosges. J’ai commencé le vélo à l’âge de 6 ans, a l’ UC Neufchâteau avec Dominique Ragué puis en minime, je suis partie à l’union cycliste Contrexeville-Mirecourt dirigée à l’époque par William Ratto. Je leur dois beaucoup. Mon papa faisait du vélo à très bon niveau, mon frère en faisait aussi et moi je les ai suivis, mais mon papa n’était pas trop d’accord au début car il savait que c’était un sport difficile. Le vélo, c’est une histoire de famille.

Au début de ta carrière, tu as rapidement eu de bonnes performances, que retiens-tu de ces expériences ?

Oui en sortant de cadette, j’ai intégré l’équipe de l’UCBH avec Julie Krasniak, Vicky Fournial ou encore Sylvie Ridley. Nous faisions toutes les coupes de France et d’autres belles courses, j’en garde de très bons souvenirs. On s’entendait vraiment bien, j’y ai beaucoup appris. C’est en junior que j’ai eu mes meilleurs résultats avec notamment ma victoire à la coupe de France de Cholet, les sélections en équipe de France…tout roulait bien pour moi jusqu’à ma chute à la Omloop Van Borsele fin avril 2010 ou je me suis fracturée une vertèbre lombaire, ce qui a engendré pour moi plusieurs semaines d’arrêt et de galère. J’ai repris rapidement après ma chute et en août je participais au championnat de France junior ou je me suis classée 15ème avec beaucoup de déception. Ensuite, j’ai changé d’équipe je suis passé par la DN17 Poitou Charentes, puis au CC Marmande avant de partir pour le Japon.

Tu décides de partir au Japon, qu’est ce qui t’a poussé à partir vers cette contrée lointaine ?

Après avoir passé des années espoirs galères avec 2 fractures de vertèbres et 2 fractures de la clavicule, j’ai eu l’opportunité de partir au Japon et je n’ai pas hésité une seconde. J’aime voyager, l’aventure ne me fait pas peur, découvrir un nouveau pays et de nouvelles cultures était vraiment très attirant.

Comment évolue le cyclisme au pays du soleil levant ?

Le cyclisme se développe plutôt bien en vue des jeux olympiques de Tokyo 2020.

Penses-tu que le cyclisme Français aurait des choses à copier sur le Japon en matière de cyclisme ?

Oui, faire beaucoup plus de coupes de France pour les filles. Au Japon, il y a facilement une Japan Cup par weekend voire parfois deux.

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Quelles sont pour toi les différences majeures entre ces deux pays ?

Pour moi la différence majeure c’est la mentalité des gens…au Japon, vous pouvez laisser vos affaires sans surveillance et revenir 1 heure après et rien n’aura disparu et ça pour tout. Vous êtes aussi en sécurité, peu importe l’heure où vous sortez, que ça soit le jour ou la nuit. Les Japonais sont gens vraiment très respectueux des lois.

Comment se déroulait ton quotidien au Japon ?

Au Japon, je ne faisais que du vélo, je vivais dans une ville dans la région de Nagano au cœur des montagnes. J’ai appris aussi quelques bases du Japonais et découvert de très beaux endroits… et en période de fleuraison des cerisiers, c’est magnifique .

Tu as intégré l’équipe Neilpryde, comment était gérée cette structure et que t’a-t-elle apporté ?

La structure était gérée par un Canadien et un Français qui ont décidé de faire leur vie au Japon. Notre DS était lui Japonais et notre mécano Américain. Tous avaient une vie professionnelle à côté de l’équipe. L’équipe m’a permis de découvrir le Japon, et d’apprendre une nouvelle culture, un autre mode de vie que celui que nous avons en France et de vivre des beaux et bons moments que ce soit sur le plan sportif ou personnel.

Tu as eu de très bons résultats en 2016, quelle victoire fut pour toi la plus belle ?

Ma plus belle victoire c’était au critérium de HONG KONG fin septembre, ou j’ai eu le temps de bien savourer ma victoire puisque j’arrive toute seule et tous mes coéquipiers étaient juste avant la ligne c’était plein d’émotion.

Tu es de retour en France cet hiver avec quelques succès en cyclo-cross, on dirait que tu t’es vite acclimatée à la France, comment s’est passé ce retour ?

Le retour a été difficile notamment avec le décalage horaire, c’est assez compliqué. Il faut environ 2 à 3 semaines pour que le corps s’habitue car il y a 7h de décalage entre la France et le Japon. Au niveau du climat en octobre, il faisait encore 30 degrés, la veille de rentrer je roulais encore en court alors qu’à mon arrivée à l’aéroport à Paris la température n’était que de 10 degrés !! Deux jours après mon arrivée J’ai directement repris avec un cyclo-cross ou j’ai terminé 2ème. Depuis j’ai obtenu plusieurs victoires .

Tu as donc très vite repris tes marques, quels sont donc tes objectifs pour 2017 ?

Mon objectif principal c’est le championnat national en janvier, J’ai signé dans une équipe espagnole pour cette nouvelle saison mais je recherche un travail donc pour l’instant je ne me projette pas trop loin car je ne sais pas si je pourrai continuer le vélo.

Pour finir sur une note d’humour, pouvons-nous dire que maintenant Sandra Dos Santos est un véritable samouraï et qu’il va falloir s’en méfier ?

Ah oui oui, je suis un véritable samouraï 😉

Article Philippe Leclercq | Photo Y. Takagi

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