Regards sur le Tour de l’Ardèche

« Là, ça court dans tous les sens, l’affolement complet ! », avec humour, Alain Coureon, directeur du Tour Cycliste féminin internationale de l’Ardèche pour son nom complet, nous répond durant la finalisation des derniers préparatifs. Tout sera prêt lundi pour accueillir durant six jours un peu plus de 160 cyclistes de tous horizons ainsi que leurs accompagnateurs.

ardeche

 A l’origine, un pari fou

Le Tour de l’Ardèche féminin a été créé en 2003, Alain Coureon en est le directeur depuis que le challenge lui a été soufflé à l’oreille. « Je m’occupe de l’équipe nationale féminine de Lituanie depuis 2001. Donc j’étais là bas, et on a parlé d’un pari un peu fou : « Tiens, toi qui es Ardéchois, pourquoi n’organiserais-tu pas un Tour de l’Ardèche ? » Nous étions en janvier 2003, et en septembre, on organisait notre premier Tour de l’Ardèche ». Cette année, ce sera la onzième édition. Pas un an ne s’est passé sans qu’en début septembre les Ardéchois puissent applaudir le peloton féminin grâce à une organisation tenue par des passionnés, l’association Velo Club Vallée Rhône Ardèche. Une organisation qui prend du temps et inclue de très nombreuses personnes, toutes bénévoles « Nous sommes une trentaine à y travailler toute l’année et durant l’épreuve nous sommes à peu près 500, ça passe par les signaleurs, les motards qui assurent la sécurité ainsi que la restauration, etc… Quand on finit, on a quinze jours où on règle tout ce qui est dépenses, on va récupérer l’argent donnée par les sponsors, puis hop on redémarre tout de suite pour l’année prochaine ! ».

Un parcours vallonné qui attire

Si vous jetez un œil sur le palmarès de l’épreuve, vous remarquerez qu’elle a sacré de grands noms. Le premier est celui d’Edita Pucinskaite, détentrice d’un palmarès impressionnant : un championnat du monde, deux Giro, une grande boucle féminine et la liste n’est pas exhaustive… La tenante du titre n’est autre qu’Emma Pooley qu’on ne présente plus ! Le TCFIA a aussi vu monter sur son podium des filles telles qu’Ashleigh Moolman, Christel Ferrier-Bruneau, Amber Neben, Kristin Armstrong ou Fabiana Luperini.

pooley

Quand on demande à Alain Coureon quel est son secret pour accueillir tant de grandes cyclistes, il nous répond que « le parcours s’y prête beaucoup, car l’Ardèche ce n’est pas plat ! La preuve, cette année pour le prologue, on a dû aller dans la Drôme pour trouver un parcours plat ! ». Et cette année encore, le peloton de près de 160 unités comptera parmi elles des Giorgia Bronzini, Fabiana Luperini ou Olga Zabelinskaya. Vingt-huit équipes prendront le départ ! Oui, vous avez bien lu, vingt-huit ! « Cette année, c’est vrai qu’on a fait fort, nous a lancé le directeur du TCFIA, certains directeurs sportifs nous ont dit qu’on allait finir par battre un record (rires) ! Quarante-neuf équipes ont demandé à venir ! L’UCI limitant la taille du peloton à 200 cyclistes maximum on a dû faire des choix, surtout que ça coûte cher puisqu’il y a six cyclistes et trois accompagnateurs par équipes. Au départ, on avait tablé sur vingt-deux équipes puis vingt-cinq et enfin vingt-huit car de grandes équipes ont fait des demandes un peu plus tardives mais on ne pouvait pas ne pas les accepter ! Ça va être difficile à boucler, rit-il, mais on sait pourquoi on fait ça ! »

Notre récompense, c’est les remerciements des cyclistes que l’on reçoit durant l’épreuve

Difficile à boucler, car oui, il faut loger et nourrir tout ce monde mais pas question de réduire les dépenses et mettre les athlètes dans de mauvaises conditions : elles seront logées dans des mobil home cinq étoiles et les petits-déjeuners, déjeuners et dîners leur seront servis.

Quand on parle à Alain Coureon de certaines courses UCI qui logent les cyclistes dans des conditions plus que rudes, à six dans une chambre d’hôtel de 15 m² ou alors au camping, l’Ardéchois ne comprend pas. « Oui, c’est dur, mais quand on fait quelque chose, on le fait à fond ou alors on ne le fait pas !  Je ne vais pas faire une course au rabais, non. Pour moi, cela doit être fait comme avec les hommes, il n’y a pas à avoir de différences parce que ce sont des femmes ! Parfois, il y a des difficultés, on tombe dans le dur. Mais la course est de la volonté des organisateurs, nous sommes tous bénévoles, on ne fait pas ça pour l’argent mais pour les filles et notre récompense, c’est leurs remerciements que l’on reçoit durant l’épreuve ».

Une médiatisation faible mais des politiques présents

Ce qui n’aide pas, c’est bien entendu le manque de couverture médiatique qui limite l’intérêt des sponsors, ce que déplore Alain Coureon. « Il est un peu compliqué de trouver des sponsors surtout quand les grands médias ne s’intéressent pas au cyclisme féminin ni au sport féminin en général. Si ils se penchaient un peu plus dessus, ce serait plus simple ! On nous rabat les oreilles avec une équipe de foot masculine qui n’est pas capable de jouer, de gagner, alors qu’à côté les filles font de jolies choses, vont loin dans les compétitions. Par contre, quand il s’agit des JO, ils sont bien contents que le sport féminin soit présent ! Donc il y a clairement moins de retombées pour les sponsors que s’il y avait une plus forte médiatisation. Les sponsors que nous avons sont des passionnés, très concernés par le cyclisme féminin. »

Une première cette année : nous aurons une partie d’étape où la route sera complètement privatisée pour l’épreuve, comme sur le Tour de France !

Il y a une autre difficulté que rencontrent certaines courses cyclistes féminines : le tracé de l’épreuve que des préfectures interdisent parfois sur certains axes. En Ardèche, les organisateurs ont la chance de ne pas connaître ce soucis, « Dans le conseil général, certains sont branchés cyclisme, il y a aussi des femmes qui défendent le sport féminin, donc nous sommes bien aidés par le conseil général. D’ailleurs, on a une première cette année ! Nous aurons une partie d’étape où la route sera complètement privatisée pour l’épreuve, comme sur le Tour de France ! »

Des politiques soucieux du développement du cyclisme féminin qui aident le TCFIA qui voit chaque année un peu plus de monde sur le bord des routes pour applaudir les championnes, « La course remporte un gros succès au niveau des spectateurs, surtout lors des départs et des arrivées. On a même des Belges et des Néerlandais qui viennent avec leur camping-car ; on va finir par concurrencer le Tour de France ! (rires) »

Vous êtes bien entendu invités à venir supporter les cyclistes du lundi au samedi en Ardèche. Au programme un prologue dans Vallon Pont d’Arc pour se mettre en jambes, un contre-la-montre très court durant la semaine mais avec une côte comportant des portions de plus de 10%, et de nombreuses étapes en ligne vallonnées dont la plus dure, selon le directeur de l’épreuve, se disputera vendredi « Mais vous savez, ce n’est pas le parcours qui fait la course, mais les cyclistes ».

Des liens intéressants pour le TCFIA :

Leur site internet avec les descriptifs de toutes les étapes
La liste des engagées 

Par Chloé Lemarchand | Photos : Affiche TCFIA // Elsa Bénard

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2 réponses à “Regards sur le Tour de l’Ardèche

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